Cette littérature qui nous rapproche du lointain …/ Hamid Abdelkader *
Mes dames et messieurs bonjour
C’est avec un immense plaisir, que je suis venu à cette cinquième rencontre Euro- Algérienne des écrivains, pour évoquer un sujet important, à savoir “la littérature et l’évasion”.
Quand on m’a annoncé le thème de cette rencontre, j’ai tout de suite eu une pensée à mon ami le romancier Tahar Djaout, qui m’a dit un jour, “l’algérien est un éternel migrateur”. Pour vous dire combien nous sommes, nous algériens, concerné par un tel sujet
C’est avec un immense plaisir, que je suis venu à cette cinquième rencontre Euro- Algérienne des écrivains, pour évoquer un sujet important, à savoir “la littérature et l’évasion”.
Quand on m’a annoncé le thème de cette rencontre, j’ai tout de suite eu une pensée à mon ami le romancier Tahar Djaout, qui m’a dit un jour, “l’algérien est un éternel migrateur”. Pour vous dire combien nous sommes, nous algériens, concerné par un tel sujet
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Voilà bien des années, que je tiens une chronique hebdomadaire au quotidien arabophone El -khabar, dans laquelle je trouve du plaisir à emmener les lecteurs à travers les littératures du monde entier.
Car je considère que La traversé des cultures, nous permis de comprendre combien l’idée d’évasion est attachée à la littérature, puisque depuis longtemps la création littéraire été devenu une échappatoire, un passage significatif vers l’autre.
Pour ma part, je considère qu’une fois le monde autour de nous, deviens insupportable, la littérature se présente comme un remède. Et lorsque les excès du nationalisme nous torturent, les autres cultures ouvrent devant nous un autre monde plus vaste, et plus adapté à la condition humaine.
C’est ainsi, que cette même littérature nous permet de découvrir notre inconscient, et nous donne la chance de courir après un monde différent, façonné par le génie de la création littéraire.
Tout ce que j’ai écrit dans ces chroniques, n’est en fin de compte, qu’une évasion vers d’autres cultures différentes, vivant sur le rythme de la diversité.
Cela m’a permis d’acquérir la possibilité d’appartenir à une cité plus vaste, et plus apte à connaître les hommes et les femmes dans leurs différences.
Cela m’a permis aussi de m’éloigner de toute vision unique et totalitaire attachée aux spécificités nationales (faite par le seul politique) comme unique composante du tissu culturel.
Je crois que lorsque nous refusons au monde ce droit d’être une partie intime de nous-mêmes, à travers des politiques rétrogrades, la littérature devient salvatrice, elle joue un rôle de guide qui enrichi notre imaginaire, et lui permet d’acquérir cette différence que les politiciens surnomme à tort l’invasion culturelle, et dieu sait combien nous avons souffert de ce phénomène, qui voulait laissé la culture algérienne cloitrée et hermétiquement fermée dans la sphère arabo – islamique, même moins que ça, dans les plus rétrogrades et décadents des espaces arabo- islamique.
Permettez moi mesdames et messieurs, de me référer ici à l’écrivain Mexicain Carlos Fuentes, qui nous apprend dans sa géographie du roman, que la littérature européenne a dû surmonter les obstacles du réalisme plat, du nationalisme commémoratif et de l’engagement dogmatique, grâce à la littérature d’imagination. Pour Fuentes le réalisme est une prison.
C’est pendant ce moment-là, que la littérature m’a permis de partir à la rencontre du monde, de l’autre, et de la différence. Sachant que l’individu ne connait ses moments de gloire, et de réussite, que lorsqu’il est en contact permanent avec l’autre, avec le monde dans sa diversité. Et cet autre ne peut acquérir une culture plus humaine, et plus apte a s’éloigné des affres de l’extrémisme, sans se guérir de sa supériorité.
Ainsi, la littérature m’a permis de m’évader vers d’autres mondes plus larges, que celui ou j’ai passé ma tendre jeunesse.
Lorsque le parti unique battait son plein dans mon pays, je n’avais trouvé comme échappatoire, et comme outil d’évasion, que les romans pour donner plus de sens à ma vie, et animé mon imaginaire avec plus de vivacité, et d’ardeur, pour qu’il ne reste plus figé, et prisonnier dans des discours stériles qui nourrissait des illusions.
J’ai pu dépasser cette situation désastreuse grâce à la littérature.
J’ai tout de suite compris que seuls les livres pouvaient réconforter les âmes qui subissaient l’obscurité et la tragédie quotidienne, cette situation macabre si bien exprimée par la romancière cubaine Zoé Valdés, dans son superbe roman “le néant au quotidien”.
Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, j’étais enfermé dans un seul est unique imaginaire, celui de la littérature française. Mais à partir de 1986, alors âgé de 19 ans, j’ai fait la découverte d’un roman qui aller bouleverser ma vie. Un touriste français, qui passait par mon quartier dans la banlieue ouest d’Alger, m’a offert en guise de remerciement, après l’avoir aidé à réparer sa moto, un roman dont le titre est “cent ans de solitude” de Gabriel Garcia marquez ce grand écrivain colombien que je ne connaissais pas jusque-là.
La couverture du roman à elle seul m’a subitement fasciné et éblouie, elle représentait un perroquet sur un tronc d’arbre en pleine jungle, dans un pays qui m’a paru lointain et inconnu.
J’ai tout de suite commencé la lecture du roman avec un plaisir inégal, je venais de découvrir un autre monde, celui de Macondo, ville imaginaire, transposition poético-fantastique de son Aracataca natal. Macondo, cette ville mythique, et lointaine où vivent des personnages différents, et où le monde est totalement magique. Je suis allé au-delà d’une réalité déjà transformée en mythe par le recul du temps, et le besoin d’affabulation des hommes et des femmes.
Ce roman a changé le cour de ma vie, il renforça mon attachement à la littérature.
Un nouveau continent venait de s’ouvrir devant moi, et le réalisme magique m’a subjugué par la force de sa narration. Depuis, j’ai habité l ‘Amérique latine, et j’ai transposé sa culture chez moi, a travers des lectures et des traductions.
La littérature latino-américaine est devenue pour moi un vrai moment d’évasion. Je suis allé partout comme un voyageur qui cherche des réponses à des questions. Au moment ou des gens revenaient d’Afghanistan, avec une vision des plus dégradantes de l’islam, moi je partis en Amérique Latine à la recherche d’autres culture. Le fanatisme s’installer dans mon pays, et moi je cherchais comment aidé a instauré une société pluriels.
Je me suis arrêté pendant longtemps en Argentine. Avec Ernesto Sabato, j’ai put découvrir combien la dictature est un phénomène terrible.
Sabato été un moment décisif pour moi, son fameux ” Rapport sur les aveugles” en tant qu’inquiétante métaphore sur la cécité humaine, m’a conduit vers les lieux les plus sombres de la condition humaine.
Au Pérou, Mario Vargas Llossa m’a montré les souffrances des autochtones, ces indiens longtemps malmenés par les conquistadores espagnols. Dans son roman sublime “Histoire de mayta”, j’ai pu retrouver ma propre souffrance d’individu opprimé vivant dans un monde arabo-islamique refusant de reconnaitre les autres composantes de notre identité.
Avec Carlos Fuentes, ce pourfendeur des dictatures, le sacré perd sa grandeur mensongère, son roman “La mort d’Artémeo cruz”, m’a appris à questionner l’histoire, et éviter qu’il pèse sur nous tel un bloc sacré, dictons les jugements des ancêtres.
Je ne veut cité que ces trois écrivains, mais d’une manière générale la littérature Latino – Américaine m’a permis de mieux cerné ma situation d’individu cherchons à ce libéré du totalitarisme. Et lorsque les événements d’octobre 1988 ont secoué, et démantelé l’esprit totalitaire, j’étais déjà prêt pour ce grand changement, et je savais ce que je voulais.
Hier, pendant les débats, un intervenant a posé une question sur l’évasion et l’engagement.
Je crois, que chaque évasion, a en soi son moment de retour bien sur, et c’est là ou réside l’engagement, car La réalité réapparait, et le monde réelle refait surface devant nous. pour ce qui me concerne, dans chaque retour après un une évasion dans un roman, je me trouvais en face d’une langue arabe (parce que je me considère comme un auteur d’expression arabe) enfermé sur elle même, car pendant ce temps là, je parle du début des années quatre vingt dix, l’arabisant été plonger dans des conservatismes politique ou religieux, d’ou le nouveau souffle que ma génération a put donner a cette sphère, car un nouveau intellectuelle arabisant a fait son apparition, il revenais d’un long voyage dans d’autres cultures. Il a jeté les germes du modernisme, et choisi le métissage linguistique, pour forger une identité pluriel pour la culture arabe. Car le génie d’une langue ou d’une culture n’est jamais dans son replie sur soi, mais dans son ouverture sur l’autre.
Là, je considère que nous nous sommes éloigné de Jacques Derrida et sa fameuse idée d’habitation dans une langue première, pour s’approché D’Edouard glissant et sa créolité.
Grâce à ce voyage dans les cultures, l’arabisant a cessé d’être cet intellectuel conservateur. La modernité a fait son effet sur notre esprit. Nous avons essayé de donné sens et histoire, corps et visage, à une nouvelle culture, dont la dynamique fondatrice s’est amorcée durant le début du vingtième siècle avec le mouvement des jeunes algériens, et a connu son apogée avec la guerre de libération national, dont nous nous réclamons avec fierté
Voilà bien des années, que je tiens une chronique hebdomadaire au quotidien arabophone El -khabar, dans laquelle je trouve du plaisir à emmener les lecteurs à travers les littératures du monde entier.
Car je considère que La traversé des cultures, nous permis de comprendre combien l’idée d’évasion est attachée à la littérature, puisque depuis longtemps la création littéraire été devenu une échappatoire, un passage significatif vers l’autre.
Pour ma part, je considère qu’une fois le monde autour de nous, deviens insupportable, la littérature se présente comme un remède. Et lorsque les excès du nationalisme nous torturent, les autres cultures ouvrent devant nous un autre monde plus vaste, et plus adapté à la condition humaine.
C’est ainsi, que cette même littérature nous permet de découvrir notre inconscient, et nous donne la chance de courir après un monde différent, façonné par le génie de la création littéraire.
Tout ce que j’ai écrit dans ces chroniques, n’est en fin de compte, qu’une évasion vers d’autres cultures différentes, vivant sur le rythme de la diversité.
Cela m’a permis d’acquérir la possibilité d’appartenir à une cité plus vaste, et plus apte à connaître les hommes et les femmes dans leurs différences.
Cela m’a permis aussi de m’éloigner de toute vision unique et totalitaire attachée aux spécificités nationales (faite par le seul politique) comme unique composante du tissu culturel.
Je crois que lorsque nous refusons au monde ce droit d’être une partie intime de nous-mêmes, à travers des politiques rétrogrades, la littérature devient salvatrice, elle joue un rôle de guide qui enrichi notre imaginaire, et lui permet d’acquérir cette différence que les politiciens surnomme à tort l’invasion culturelle, et dieu sait combien nous avons souffert de ce phénomène, qui voulait laissé la culture algérienne cloitrée et hermétiquement fermée dans la sphère arabo – islamique, même moins que ça, dans les plus rétrogrades et décadents des espaces arabo- islamique.
Permettez moi mesdames et messieurs, de me référer ici à l’écrivain Mexicain Carlos Fuentes, qui nous apprend dans sa géographie du roman, que la littérature européenne a dû surmonter les obstacles du réalisme plat, du nationalisme commémoratif et de l’engagement dogmatique, grâce à la littérature d’imagination. Pour Fuentes le réalisme est une prison.
C’est pendant ce moment-là, que la littérature m’a permis de partir à la rencontre du monde, de l’autre, et de la différence. Sachant que l’individu ne connait ses moments de gloire, et de réussite, que lorsqu’il est en contact permanent avec l’autre, avec le monde dans sa diversité. Et cet autre ne peut acquérir une culture plus humaine, et plus apte a s’éloigné des affres de l’extrémisme, sans se guérir de sa supériorité.
Ainsi, la littérature m’a permis de m’évader vers d’autres mondes plus larges, que celui ou j’ai passé ma tendre jeunesse.
Lorsque le parti unique battait son plein dans mon pays, je n’avais trouvé comme échappatoire, et comme outil d’évasion, que les romans pour donner plus de sens à ma vie, et animé mon imaginaire avec plus de vivacité, et d’ardeur, pour qu’il ne reste plus figé, et prisonnier dans des discours stériles qui nourrissait des illusions.
J’ai pu dépasser cette situation désastreuse grâce à la littérature.
J’ai tout de suite compris que seuls les livres pouvaient réconforter les âmes qui subissaient l’obscurité et la tragédie quotidienne, cette situation macabre si bien exprimée par la romancière cubaine Zoé Valdés, dans son superbe roman “le néant au quotidien”.
Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, j’étais enfermé dans un seul est unique imaginaire, celui de la littérature française. Mais à partir de 1986, alors âgé de 19 ans, j’ai fait la découverte d’un roman qui aller bouleverser ma vie. Un touriste français, qui passait par mon quartier dans la banlieue ouest d’Alger, m’a offert en guise de remerciement, après l’avoir aidé à réparer sa moto, un roman dont le titre est “cent ans de solitude” de Gabriel Garcia marquez ce grand écrivain colombien que je ne connaissais pas jusque-là.
La couverture du roman à elle seul m’a subitement fasciné et éblouie, elle représentait un perroquet sur un tronc d’arbre en pleine jungle, dans un pays qui m’a paru lointain et inconnu.
J’ai tout de suite commencé la lecture du roman avec un plaisir inégal, je venais de découvrir un autre monde, celui de Macondo, ville imaginaire, transposition poético-fantastique de son Aracataca natal. Macondo, cette ville mythique, et lointaine où vivent des personnages différents, et où le monde est totalement magique. Je suis allé au-delà d’une réalité déjà transformée en mythe par le recul du temps, et le besoin d’affabulation des hommes et des femmes.
Ce roman a changé le cour de ma vie, il renforça mon attachement à la littérature.
Un nouveau continent venait de s’ouvrir devant moi, et le réalisme magique m’a subjugué par la force de sa narration. Depuis, j’ai habité l ‘Amérique latine, et j’ai transposé sa culture chez moi, a travers des lectures et des traductions.
La littérature latino-américaine est devenue pour moi un vrai moment d’évasion. Je suis allé partout comme un voyageur qui cherche des réponses à des questions. Au moment ou des gens revenaient d’Afghanistan, avec une vision des plus dégradantes de l’islam, moi je partis en Amérique Latine à la recherche d’autres culture. Le fanatisme s’installer dans mon pays, et moi je cherchais comment aidé a instauré une société pluriels.
Je me suis arrêté pendant longtemps en Argentine. Avec Ernesto Sabato, j’ai put découvrir combien la dictature est un phénomène terrible.
Sabato été un moment décisif pour moi, son fameux ” Rapport sur les aveugles” en tant qu’inquiétante métaphore sur la cécité humaine, m’a conduit vers les lieux les plus sombres de la condition humaine.
Au Pérou, Mario Vargas Llossa m’a montré les souffrances des autochtones, ces indiens longtemps malmenés par les conquistadores espagnols. Dans son roman sublime “Histoire de mayta”, j’ai pu retrouver ma propre souffrance d’individu opprimé vivant dans un monde arabo-islamique refusant de reconnaitre les autres composantes de notre identité.
Avec Carlos Fuentes, ce pourfendeur des dictatures, le sacré perd sa grandeur mensongère, son roman “La mort d’Artémeo cruz”, m’a appris à questionner l’histoire, et éviter qu’il pèse sur nous tel un bloc sacré, dictons les jugements des ancêtres.
Je ne veut cité que ces trois écrivains, mais d’une manière générale la littérature Latino – Américaine m’a permis de mieux cerné ma situation d’individu cherchons à ce libéré du totalitarisme. Et lorsque les événements d’octobre 1988 ont secoué, et démantelé l’esprit totalitaire, j’étais déjà prêt pour ce grand changement, et je savais ce que je voulais.
Hier, pendant les débats, un intervenant a posé une question sur l’évasion et l’engagement.
Je crois, que chaque évasion, a en soi son moment de retour bien sur, et c’est là ou réside l’engagement, car La réalité réapparait, et le monde réelle refait surface devant nous. pour ce qui me concerne, dans chaque retour après un une évasion dans un roman, je me trouvais en face d’une langue arabe (parce que je me considère comme un auteur d’expression arabe) enfermé sur elle même, car pendant ce temps là, je parle du début des années quatre vingt dix, l’arabisant été plonger dans des conservatismes politique ou religieux, d’ou le nouveau souffle que ma génération a put donner a cette sphère, car un nouveau intellectuelle arabisant a fait son apparition, il revenais d’un long voyage dans d’autres cultures. Il a jeté les germes du modernisme, et choisi le métissage linguistique, pour forger une identité pluriel pour la culture arabe. Car le génie d’une langue ou d’une culture n’est jamais dans son replie sur soi, mais dans son ouverture sur l’autre.
Là, je considère que nous nous sommes éloigné de Jacques Derrida et sa fameuse idée d’habitation dans une langue première, pour s’approché D’Edouard glissant et sa créolité.
Grâce à ce voyage dans les cultures, l’arabisant a cessé d’être cet intellectuel conservateur. La modernité a fait son effet sur notre esprit. Nous avons essayé de donné sens et histoire, corps et visage, à une nouvelle culture, dont la dynamique fondatrice s’est amorcée durant le début du vingtième siècle avec le mouvement des jeunes algériens, et a connu son apogée avec la guerre de libération national, dont nous nous réclamons avec fierté
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” نص المداخلة التي ألقيت ضمن فعاليات الأيام الأدبية الأوروبية الجزائرية الخامسة، بفندق سان جورج- الجزائر العاصمة -
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حميد عبد القادر ( روائي وصحفي من الجزائر) *




